Congo-Brazzaville

Novembre 2020

Abel Moukolo, président Croix Bleue Congolaise

Abel MoukoloPrésident Croix Bleue Congolaise

1. Pourquoi le travail de la Croix-Bleue est-il important pour toi?

Le contexte de pauvreté et de grande précarité dans lequel se trouve notre pays favorise l’oisiveté, condition permissive pour s’adonner à l’alcool et à la drogue.
Par ailleurs :
• Le manque de politique de l’alcool au niveau national
• La grande disponibilité des boissons alcooliques sur le marché congolais: importations et production locale (industrielle comme domestique)
• La multiplicité des lieux de consommation dans les villes comme à la campagne
• L’agressivité de l’industrie de l’alcool par une publicité qui ne respecte pas les conventions internationales
La CBC est la seule ONG locale qui lutte contre l’alcoolisme et l’usage des autres drogues. Aussi, il est important pour la CBC de sensibiliser la population en général, les adolescents et jeunes en particulier aux méfaits de l’alcool sur la santé, ainsi qu’aux répercussions sociales y afférentes.
C’est ainsi que depuis 2014, et avec l’appui de l’IBC, un projet de compétences de vie courante et d’éducation par les pairs « Génération 5 S » est en cours d’exécution à Brazzaville. Sous la supervision de la CBC, la Coordination Technique des Projets et d’Appui au Développement (CTPAD) de l’Eglise Evangélique du Congo (EEC) est l’organe d’exécution de ce projet. Plus de 15.000 `Brazzaville adolescents et jeunes ont déjà été touchés par ce projet.

2. As-tu observé/entendu que ton travail engendre du changement ? Si oui, lequel?

Oui. De nombreuses personnes contactent la CBC pour en savoir un peu plus sur les méfaits de l’alcool. Cela témoigne d’un besoin important d’informations des populations et constitue un motif supplémentaire de motivation dans la protection des populations à travers le travail de la CBC.

3. Quel a été ton moment le plus heureux au cours de ton travail pour la Croix-Bleue?

Le relèvement d’un jeune lycéen, âgé de 17 ans. Élevé par une mère célibataire, il se sentait livré à lui-même /à l’abandon, se sentait obligé de rejoindre un gang par le canal d’un ami du quartier, croyant ainsi avoir trouvé une vraie famille. Naviguant entre les breuvages enivrants alcoolisés et les stupéfiants, ce dernier finit par prendre sa place au sein du gang, au péril de ses études, et au grand désarroi de sa mère. Inquiète pour son enfant, celle-ci va se rapprocher de l’un des responsables de la fanfare « Le Son des Trompettes » afin de voir comment résoudre la situation de son fils qui allait de mal en pis.
Après audition de ce dernier par les responsables du groupe, le garçon accepta de se faire accompagner et assister. Cet accompagnement était d’ordre financier, moral et affectif, mais aussi spirituel (par nos prières). Ce ne fut pas chose facile, mais au finish, il reprit conscience, et finit par changer de cap étant aidé par les membres de la fanfare.
Aujourd’hui, il est parmi les membres les plus actifs du groupe, et joue comme instrument le baryton, faisant ainsi la joie et le bonheur de sa maman.

4. Quel était/est le plus grand défi du travail de la Croix-Bleue?

Le plus grand défi est de renforcer le cadre juridique concernant l’alcool en vue d’obtenir, au niveau national et régional, l’établissement d’une politique de l’alcool à l’instar de la politique contre le tabac prônée par l’OMS et qui a obtenu l’adhésion de tous les pays de la région OMS/Afrique.

5. La Croix-Bleue dans ton pays : à ton avis, quel est le projet le plus important?

L’ aspect le plus plus important de la Croix-Bleue est le plaidoyer pour développer les capacités de prise en charge des personnes dépendantes, par la création d’une structure adéquate (centre de cure).